Mollusques

Les Mollusques représentent un maillon important de la biodiversité en Suisse. Constitués par les Gastéropodes et les Bivalves, ils forment un groupe d’espèces très diversifié et occupent une place importante dans les écosystèmes. Le niveau de connaissance les concernant varie fortement selon les espèces et des problèmes taxonomiques subsistent pour plusieurs genres. Les 293 espèces de mollusques de Suisse dont 30 espèces allochtones se répartissent de la manière suivante : 211 espèces terrestres incluant 36 limaces et 82 espèces aquatiques incluant 35 bivalves. A noter que la Suisse porte une responsabilité particulière pour la conservation à long terme d’un certain nombre d’espèces ou de sous-espèces de mollusques endémiques dont l’aire de distribution est strictement ou en grande partie limitée à la Suisse.

1.Unio crassus_(H.Vicentini)_485px.jpgLa Mulette épaisse (Unio crassus) est un bivalve très menacé qui ne subsiste plus que de quelques cours d’eau et lacs de Suisse.

 

Les exigences écologiques des Mollusques sont très variables. Leur présence dans un habitat est principalement déterminée par le type de sol, le type de roche, la topographie, le climat, les conditions d’ensoleillement ou d’ombrage et le taux d’humidité. La plupart des espèces sont en outre tributaires de structures telles que la litière du sol, le bois mort ou la végétation en décomposition qui leur offrent la nourriture (algues, lichens, champignons…) nécessaire à leur survie et au développement des individus juvéniles. A noter que certaines espèces sont carnivores et se nourrissent notamment de vers de terre voir d’autres mollusques.

Les Mollusques de Suisse sont présents dans pratiquement tous les milieux terrestres et aquatiques, de la plaine à l’étage nival. Les régions situées sur substrat calcaire abritent la plus grande diversité, ce dernier étant indispensable à la constitution des coquilles notamment.

Leur fonction ne se limite pas à recycler la matière organique morte et à servir de nourriture pour d’autres organismes. En tant qu’indicateurs de la qualité des milieux aquatiques comme terrestres, ils se prêtent au mieux aux suivis à long terme dans des programmes de monitoring de la biodiversité ou dans le cadre de contrôles réguliers de la qualité des eaux.

2.Lac de Neuchâtel_Concise VD_(F.Claude)_485px.jpgLa conservation des rives naturelles des lacs et cours d’eau est importante pour les mollusques aquatiques (lac de Neuchâtel, Concise VD).

 

En raison de leur mobilité très réduite, les mollusques sont particulièrement exposés aux altérations des milieux qu’ils habitent et ce ne sont pas moins de 40% des espèces de Suisse (43% des espèces aquatiques et 40% des espèces terrestres) évalués dans la Liste rouge de 2012 (Ruetschi et al. 2012) qui sont considérés comme menacés.

Les espèces des milieux humides, principalement celles des bas-marais, des prairies humides, des sources et des petits cours d’eau propres de plaine, sont celles qui ont le plus souffert. L’abaissement du niveau des eaux, le drainage, la canalisation, la rectification des cours d’eau, l’artificialisation des berges ainsi que l’exploitation agricole intensive en sont les principales causes.

De nombreuses espèces liées aux prairies sèches sont également dans une situation précaire. Cette régression est surtout imputable à l’urbanisation et à l’intensification des pratiques agricoles. Inversement, et ceci principalement dans les Alpes, de nombreuses surfaces difficiles d’accès ont subi un embroussaillement ou un reboisement consécutif à l’abandon de leur exploitation agricole faisant reculer les espèces de milieux ouverts.

3.Trochulus caelatus_(F.Claude)_485px.jpgLa Veloutée du Jura suisse (Trochulus caelatus) est un escargot qui vit essentiellement sur les parois rocheuses calcaires. C’est une espèce endémique de Suisse qui est localisée à la chaîne du Jura (BE, JU, SO, BL).

 

Les mollusques forestiers sont proportionnellement moins menacés que ceux des autres milieux. Cela s’explique par l’entrée en vigueur de la loi forestière en 1876 qui protège la forêt au niveau de sa surface et par le fait que les forêts n’ont pendant longtemps pas pu être exploitées intensivement pour des raisons de coûts et de moyens. Ce n’est que depuis quelques décennies que la pression sur les forêts s’est accrue, de nouveaux moyens (machines) permettant une exploitation rationnelle et intensive. En outre, les plantations de conifères hors station à basse altitude provoquent une acidification du sol néfaste aux mollusques. Beaucoup d’espèces sont par ailleurs tributaires du bois mort de feuillus au sol.

Certaines espèces de mollusques terrestres menacées vivent également dans les milieux construits, comme par exemple des surfaces rudérales, des talus herbeux secs, des murs riches en fissures ou encore des espaces verts bien structurés. La fragmentation des habitats, surtout dans les grandes villes ainsi que l’utilisation massive de biocides constituent une menace pour ces espèces.

Enfin, l’arrivée d’espèces de Mollusques allochtones qui entrent en concurrence directe avec des espèces indigènes représente une menace supplémentaire.

4.Eboulis-falaises calcaires_Jura_(F.Claude)_485px.jpgLes éboulis et falaises calcaires hébergent une malacofaune particulièrement riche (La Baroche JU).

 

 

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