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Actualités de la Faune Suisse

Actualités de la faune 2017

 

 


23 octobre 2017 - Première observation du Moiré des Grisons (Erebia flavofasciata) en Valais

Une femelle d’Erebia flavofasciata a pu être observé le 5 juillet 2017 sur le versant sud du Simplon près de Gondo par Sonja Gerber, collaboratrice du Monitoring de la Biodiversité (MBD) en Suisse. Cette espèce rare, connue jusqu’alors en Suisse  uniquement des cantons des Grisons et du Tessin, est endémique des Alpes centrales (CH,I, A). Les populations les plus proches du nouveau lieu de découverte se situent dans le Val Divedro et dans la Vallée Antigorio en Italie voisine. Avec 24 représentants du genre Erebia, le canton du Valais peut se vanter d’avoir le plus de Moirés en Suisse, suivi des canton des Grisons (23), de Berne (22) et du Tessin (21).

Markus Fluri, BDM

Erebia flavofasciata_Marent.jpg

 


19 septembre 2017 - Découverte d'une chrysalide de Hippotion celerio (Phoenix) en Valais

René Hoess a découvert le 04.09.2017 une chrysalide de Hippotion celerio (Phoenix) dans une vigne à Lens VS. Elle se trouvait sur l’asphalte, sous des détritus végétaux accumulés au pied d’un mur. Aucune trace de rongement n’a été constatée sur les ceps avoisinants. Le papillon a éclos le jour même, sur le trajet du retour. Il s’agit de la première preuve certaine de développement en  Suisse de ce papillon migrateur rare. Mais l’espèce s’est probablement déjà reproduite en Suisse par le passé : un individu frais ayant par exemple été trouvé en novembre 1978 à Locarno, et d’autres captures automnales d’individus en excellent état semblent soutenir cette idée.

Photo chrysalide Hippotion celerio  Photo Phoenix (Hippotion celerio) 

 

 

 

 

 

 

 

Photos: la chrysalide du Hippotion celerio (Phoenix) trouvée par René Hoess et le papillon éclos. 

 


13 septembre 2017 - Deux nouvelles espèces potentiellement invasives ont été découvertes au courant de ce printemps

Le frelon à pattes jaunes ou frelon asiatique, Vespa velutina nigrithorax (Lepeletier 1836) a été introduit depuis l’Asie par des transports de marchandise. Il a été découvert pour la première fois en Suisse dans le canton du Jura au printemps 2017 où il a migré depuis la France. Le Tessin est aussi une porte d’entrée où une migration depuis l’Italie est possible.

La Vespa velutina nigrithorax est crainte des apiculteurs par son comportement de chasse. Les abeilles sauvages et d’autres insectes pollinisateurs sont également concernés par le frelon à pattes jaunes. Le frelon est actif de jour, construit son nid souvent dans des arbres ou des abris près du sol. Le contrôle se fait avec la destruction des nids par des spécialistes.

Le groupe de travail « Neobiota invasive » et le service sanitaire apicole apiservice ont formulé des recommandations pratiques en cas d’apparition du frelon asiatique (PDF, en allemand). Il s’est avéré que le frelon asiatique est souvent confondu avec le frelon européen (Vespa crabro, Linnaeus 1758), bien que la Vespa velutina nigrithorax ait un abdomen plus foncé et des jambes jaunes. Elle est aussi généralement plus petite que le frelon indigène.

Cliquez sur les graphiques pour les agrandir

frelon à pattes jaunes ou frelon asiatique - vespa_velutina

 

 Vespa_crabro_f.png

 

 

La deuxième espèce est Popillia japonica, Newman 1841 ou le scarabée japonais. Celui-ci vient initialement du Japon mais a été introduit aux Etats-Unis en 1916 déjà, où il s’est propagé rapidement. En Europe, il a été observé aux Açores et en Italie. En juin 2017, il a été trouvé pour la première fois en Suisse au Tessin, près de la douane italienne.

Les larves du scarabée japonais se nourrissent de racines, les adultes de feuilles et fleurs d’une multitude de plantes, aussi bien que de plantes cultivées ou ornementales. Cela pose surtout un problème dans l’agriculture.

Similaire au scarabée japonais est le hanneton des jardins (Phyllopertha horticola, Linnaeus 1758). Popillia japonica est cependant facilement distinguable des autres espèces indigènes similaires par 5 touffes de poils blancs sur les flancs et 2 sur l’arrière du scarabée.

Cliquez sur les graphiques pour les agrandir

Popillia_japonica_f.png

Phyllopertha_horticola_f.png

Des observations des deux espèces peuvent être annoncées avec photo au secrétariat (Email)

 


27 juin 2017 - Dix-sept Coléoptères saproxyliques rares ou nouveau pour la Suisse

Au cours des dernières années, des inventaires axés sur les Coléoptères saproxyliques ont été menés dans de nombreux sites forestiers en Suisse, et ont contribué à établir une liste des coléoptères forestiers emblématiques de (Sanchez et al., 2016). Dans une nouvelle publication, dix-sept découvertes remarquables de Coléptères saproxyliques sont présentées. Ces espèces sont soit nouvelles pour la Suisse, soit connues d’extrêmement peu de données valides à l’échelle nationale. La plupart de ces espèces ne sont pas seulement très rares en Suisse, mais aussi dans la plupart des autres pays qui les abritent. Pour la majorité d’entre elles, il s’agit d’espèces extrêmement localisées et/ou dont les exigences écologiques sont particulièrement élevées. En outre, elles présentent généralement des moeurs discrètes et une taille modeste - ce qui explique qu’elles n’aient (presque) jamais été découvertes en Suisse!

Chittaro Y. & Sanchez A. 2017. À propos de quelques Coléoptères rares ou nouveaux pour la Suisse. Entomo Helvetica 10: 45– 53. PDF

Sanchez et al. 2016: Les Coléoptères saproxyliques emblématiques de Suisse, indicateurs de la qualité de nos forêts et milieux boisés. Mitteilungen der schweizerischen entomologischen Gesellschaft / Bulletin de la Société entomologique Suisse 2016, Vol. 89, p. 261–280.

Photos coleo rares.JPG (Photos coleo rares©A.Sanchez)

Fig: Habitus de quelques espèces saproxyliques commentées dans la publications de Chittaro & Sanchez (2017) : Anthelephila pedestris, b) Cryptophilus obliteratus, c) Xylophilus corticalis, d) Plegaderus dissectus, e) Dorcatoma minor, f) Ernobius mulsanti.  Toutes les phtotos © A. Sanchez

 


27 juin 2017 - Isomira costessii: nouvelle espèce d'un Coléoptère découvert en Suisse

En 2016 un individu d'Isomira costessii a été capturé en Engadine. Il s’agit de la première mention de l’espèce pour notre pays, connue jusqu’alors uniquement d’Autriche et d’Italie. Un individu suisse plus ancien existait dans une collection privée, mais cette information n’avait jamais été diffusée.

Dans leur publication, les auteurs Vivien Cosandey, Yannick Chittaro et Andreas Sanchez fournissent quelques informations écologiques et proposent une carte de distribution européenne pour cette espèce très localisée, ainsi que pour son espèce soeur I. moroi

Cosandey V., Chittaro Y. & Sanchez A. 2017. Isomira costessii (Bertolini, 1868) (Coleoptera, Tenebrionidae): une nouvelle espèce pour la Suisse. Entomo Helvetica 10: 93-98. PDF

karte Isomira costessii.png

 

Isomira costessii-rotate.JPG (Isomira costessii©A.Sanchez.JPG)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Carte à gauche: Carte de répartition de Isomira costessii. En Suisse, cette espèce a été observé seulement à deux sites en Engadine. ©info fauna CSCF&karch. 
Photo à droite: Isomira costessi ©Andreas Sanchez

 


23 mai 2017 - Découverte dans le canton de Neuchâtel d’une nouvelle population de Leucorrhinia albifrons (Leucorrhine à front blanc)

Cette espèce au bord de l’extinction en Suisse est l’une des plus menacées de notre faune et connue maintenant de seulement trois localités reproductrices. Les stations les plus proches du site de découverte se situent dans le sud du département du Doubs. Cette colonisation illustre la capacité de dispersion élevée de L. albifrons atteignant ici un rayon de plusieurs dizaines de kilomètres.

Information transmise par Arnaud Vallat et Sébastien Tschanz

photo_Leucorrhinia_albifrons.jpg

 


Osbornellus auronitens.jpg (Osbornellus auronitens ©Trivellone et al, 2017)

16 mai 2017 - Découverte à Stabio (TI) d'une espèce de cicadelle nouvelle pour la région Paléarctique

 

Osbornellus auronitens (Neartica), récoltée pour la première fois dans le Paléarctique au Tessin en août 2016 par Valeria Trivellone. Les individus de référence sont conservés auprès du Musée cantonal d'histoire naturelle de Lugano. Sa diffusion en Europe devrait être attentivement suivie (détails dans l'article du Canadian Entomologist).

Article: Trivellone et al 2017, Canadian Entomologist

 

 

 

 

Photo: Osbornellus auronitens © Trivellone et al 2017​

 

28 février 2017 - Avez-vous observé un Vulcain ? Signalez-le s’il vous plait!

De l’Italie à l’Irlande, du Portugal à la Finlande, plus de 40 portails et institutions européens de sciences participatives soutiennent notre étude sur l’occurrence et la migration du Vulcain Vanessa atalanta. Nous avons déjà réuni des centaines de milliers d’observations – grâce entre autres aux nombreuses données des observateurs suisses. Cette quantité d’information nous permet d’analyser la migration du Vulcain avec une résolution spatio-temporelle sans précédents.

Avec ses ailes noires garnies de bandes rouges et de taches blanches, l’espèce est très caractéristique et ne peut être confondue avec d’autres papillons diurnes. Le Vulcain est un papillon migrateur qui colonise l’Europe centrale et l’Europe du Nord chaque année depuis le sud. En automne, la génération engendrée par les arrivées du printemps migre alors vers le sud. Nous étudions l’influence des facteurs externes sur l’occurrence de l’espèce et sa réaction au changement climatique.

Veuillez s’il-vous-plaît signaler toute observation de Vulcain ! Chaque observation est précieuse!

Sur Webfauna, veuillez enregistrer le nombre de papillon et indiquer si vous faites référence à des papillons adultes, des chenilles et/ou chrysalides. Des informations additionnelles (comportement, direction du vol) sont également très précieuses.

Des mises à jour régulières concernant l'avancée du projet Vulcain seront publiées sur notre page internet

À propos : L'App webfauna ainsi que l'app NaturaList vous permet de signaler simplement toute observation de Vulcain où que vous vous trouviez.

Suivez-nous également sur Facebook et Twitter pour obtenir les dernières nouvelles du projet ainsi que des informations sur d'autres sujets analogues.

Merci beaucoup! 
Marco Thoma, Group de recherche « Migration et Écologie des Insectes », Université de Berne

VANatalanta_20160925_MThoma.jpg


 

23 janvier 2017 - Première check-liste des espèces de Cicadelles et Cigales de Suisse, elaborée de Roland Mühlethaler, Valeria Trivellone, Roel van Klink, Rolf Niedringhaus, Herbert Nickel 

L'article recueille la liste des espèces signalée en Suisse avec une attention particulière aux 10 nouvelles espèces pour ce territoire qui sont: Hyalesthes luteipes Fieber, Calligypona reyi (Fieber), Kelisia confus Linnavuori, Xanthodelphax flaveola (Flor), Macropsis haupti Wagner, M. remanei Nickel, Erythria cisalpina Dworakowska, Euscelis distinguendus (Kirschbaum), Metalimnus steini (Fieber) et Proceps acicularis Mulsant & Rey. Le nombre total des espèces de ce groupe listées est à ce jour de 561 espèces (dont env. 40 n'ont plus été retrouvées dans les 50 dernières années). Ont été répertoriées 173 autres espèces, qui pour des raisons géographiques et écologiques sont probablement présentes sur le territoire suisse, mais pour lesquelles la présence n'a pas encore été confirmée. 17 espèces ont été supprimées en raison d'erreurs de détermination ou de problèmes taxonomiques.errori di determinazione o problemi tassonomici. 

La première check-liste des Cigales de Suisse est téléchargeable à l'adressehttp://public.bibliothek.uni-halle.de/index.php/cicadina/article/view/1885

Adarrus bellevoyei (Gefleckte Zwenkenzirpe)Nothodelphax distincta (Hochmoor Spornzikade)M1.2.jpg

 

 

 

 

 

 

 

Photos: Adarrus bellevoyei et Nothodelphax distincta

12 septembre 2016 - Plusieures nouvelles observations du carabe rare Agonum hypocrita

Seules deux données annoncaient la présence de Agonum hypocrita en Suisse jusqu’à 2015. En 2016, l’espèce a pu être trouvée dans huit localités supplémentaires, grâce à des recherches pour une nouvelle Liste Rouge ainsi que des recherches dans des collections de musées.
Photo Agonum hypocrita 
Carte de distribution Agonum hypocrita jusqu'en 2015 Carte de distribution Agonum hypocrita jusqu'en 2016

 Cartes de distribution de Agonum hypocrita jusqu'en 2015 (à gauche) ainsi qu'en 2016 (à droite).

 Thomas Walter & Yannick Chittaro

 


 

Avril 2016 - Invitation à signaler vos observations de Vulcain

Dans le cadre d'un projet sur le comportement migratoire du Vulcain Vanessa atalanta en Europe, le groupe de recherche «Migration et écologie des insectes» de l’Institut d’écologie et évolution de l’université de Berne sollicite votre aide et vous invite à signaler vos observations de Vulcains via www.webfauna.ch ou www.ornitho.ch . Evitez de nous signaler les observations à double !

Le Vulcain est un papillon migrateur qui colonise l’Europe centrale et l’Europe du Nord chaque année depuis le sud. En automne, c’est la génération alors engendrée par ces arrivées printanières qui migre en direction du sud. L'étendue croissante de plateformes en ligne telles que www.ornitho.ch  permet maintenant de suivre la migration du Vulcain dans beaucoup de pays d'Europe avec une haute résolution spatiotemporelle. Le groupe de recherche désire collaborer avec autant de portails européens que possible pour pouvoir suivre et analyser la migration du Vulcain à une échelle continentale pendant les années 2016 à 2018. En Suisse, la collaboration est établie à travers le Centre Suisse de Cartographie de la Faune , qui vérifie et stocke les observations de papillons signalées sur www.ornitho.ch .

Si vous signalez une observation de Vulcain, des indications quant au nombre d'individus observés sont très précieuses. En cas de dénombrement, par exemple sur des cols alpins en automne, merci d'indiquer aussi la durée du décompte. Des informations relatives à la direction ou la hauteur de vol ainsi que des données météorologiques etc. sont aussi très importantes.

 

Des mises à jour régulières concernant l'avancée du projet Vulcain seront publiées sur notre page internet .

Suivez-nous également sur Twitter pour obtenir les dernières nouvelles du projet ainsi que des informations sur d'autres sujets analogues.

Merci beaucoup!

   


 

10.02.2016 - Découverte de la musaraigne du Valais (Sorex antinorii) dans deux vallées méridionales des Grisons

Lors de la sortie annuelle du CSCF&karch en juin 2015 deux collaborateurs (Christian Monnerat, Karin Schneider) avaient trouvé deux cadavres de musaraignes dans le Val Bregaglia près de Bondo qui se sont avérés être des musaraignes du Valais (Sorex antinorii) après analyse génétique. En août 2015 Jürg Paul Müller et ses collaborateurs ont réussi à capturer un exemplaire de la musaraigne du Valais dans le Val Poschiavo (Val di Camp) lors de campagnes de capture de micromammifères entrepris dans le cadre des travaux sur la révision du statut liste rouge national des mammifères. L'analyse génétique des poils récoltés a permis d’identifier l’espèce. Ces découvertes soutiennent l’hypothèse que la musaraigne du Valais est la représentante du groupe « Sorex araneus » (regroupant les trois espèces jumelles S. araneus, S. coronatus et S. antinorii) au sud des Alpes.

Divers cadavres trouvés ou individus capturés ces dernières années et identifiés par analyse génétique ont permis de mieux cerner les limites septentrionales et orientales de l’aire de distribution de Sorex antinorii. Une détermination faible n’est possible qu’à l’aide d’une analyse génétique de l’ADN ou alors en prenant toute une série de mesures sur des crânes préparés (voir clé de détermination ). Ces données récentes peuvent être consultées sur la carte de distribution . L’aire de distribution de l’espèce couvre aujourd’hui les cantons du Valais et du Tessin et une partie des cantons de Berne, des Grisons et d’Uri. Sur le front septentrional la présence de la musaraigne du Valais a pu être prouvée en 2014 pour la première fois dans le Meiental (UR) dans le cadre des campagnes de capture de micromammifères liées aux listes rouges. En 2015 des captures de cette espèce ont pu être faites sur l’autre versant du col du Susten dans le Gadmertal (BE). Elle était précédemment déjà connue du Haslital (BE). Aux Grisons l’analyse de cadavres trouvés au hasard et les campagnes de captures pour les besoins de la liste rouge ont permis de démontrer la présence de l’espèce dans la Surselva, le Valsertal, le Safiental et dans le Domleschg.

Une délimitation définitive de l’aire de distribution de Sorex antinorii en Suisse n’est pas possible en état actuel des connaissances. Toutes analyses d’individus du groupe « Sorex araneus » en provenance des zones du front de distribution sont donc utiles et bienvenues.

 

 

20.07.2015 - Observation d’un campagnol des neiges (Chionomys nivalis) à plus de 3000m d’altitude

Le 20 juillet 2015 Beat von Wyl a pu observer un campagnol des neiges (Chionomys nivalis) à 3310 m d’altitude sur le Galengrat, une crête près du sommet du Galenstock (UR/VS). Le rongeur se déplaçait sur de la roche nue sous la crête. Une seule donnée parmi les observations figurant dans la banque de données du CSCF indique une altitude plus élevée (3400 m, Mettelhorn VS).
En Suisse, le campagnol des neiges habite les régions allant de 1000m à plus de 3000m. Presque deux tiers des 250 observations encodées dans la banque de données se situent entre 1400 m et 2400 m avec un maximum de données pour la classe d’altitude comprise entre 1800 m à 2000 m.

Le campagnol des neiges est un représentant de la sous- famille des arvicolinés. Assez grand pour un campagnol, il se caractérise par des oreilles plutôt grandes et bien visibles, des vibrisses (moustaches) très longues et une forte queue bicolore relativement longue mesurant environ la moitié de la longueur du corps. Le pelage est gris argenté avec un dos gris clair à brun clair et un ventre gris-blanc. Ce rongeur habite les milieux rocheux crevassés des montagnes, mais est trouvé également à basse altitude si les milieux conviennent (voir également carte de distribution). On le rencontre de préférence dans les éboulis, les champs de blocs, les pinèdes buissonnantes et les landes. Les observations de petits rongeurs robustes au pelage gris au-dessus de 2000 m peuvent donc être attribuées de façon assez sûre au campagnol des neiges.

Simon Capt

 

30.04.2015 - Découverte d'une nouvelle espèce de cigale, «Italienische Bergzikade» (Cicadetta sibillae)

Dans le cadre du projet cigales de Suisse,  Thomas Hertach de l'Université de Bâle a découvert dans le sud de la Suisse et en Italie une nouvelle espèce de cigale. L'animal de quatre centimètres d'envergure a été baptisé " Italienische Bergzikade" (Cicadetta sibillae). Elle est l'une des seulement dix espèces de cigale présente en Suisse.
Plus d'information ici (en allemand).
Thomas Hertach

Cicadetta sibillae - mâle 

 

28.04.2015 - Vertigo lilljeborgi (Westerlund, 1871) [Gastropoda : Vertiginidae], nouvelle espèce pour la Suisse.

Cette espèce des milieux humides a été découverte en août 2012 par M. Horsák dans un marais près de St. Moritz (GR) et constitue donc une première mention pour la Suisse ! Essentiellement distribuée au Nord de l’Europe, Vertigo lilljeborgi est également présent en quelques populations isolées d’Allemagne et de France notamment.

Cet escargot se rencontre dans la litière, les débris végétaux ou les mousses du genre Sphagnum de marais ouverts en marge de ruisseaux ou de plans d’eau. Le prélèvement et le tamisage de substrat peut se révéler utile pour détecter cette espèce qui mesure à peine 2 mm.

François Claude

 

 

28.04.2015 - Lauria cylindracea (da Costa, 1778) [Gastropoda : Lauriidae], nouveau pour le canton de Fribourg

Lauria cylindracea, espèce en danger (EN) dans la liste rouge des Mollusques terrestres de Suisse ne se trouve que dans quelques localités de l’ouest et du sud de la Suisse (GE, JU, NE, VD, VS et TI).

Un individu (coquille) a été découvert en 2014 dans le cadre d’un recensement des gastéropodes de la région fribourgeoise par le musée d’histoire naturelle de Fribourg ce qui en fait donc une nouvelle espèce pour ce canton.

Lauria cylindracea se rencontre surtout sur des milieux rocheux, des vieux murs ainsi que dans certains types de forêts. Malgré une régression en milieu construit, essentiellement due aux rénovations de vieux murs, on peut encore s’attendre à découvrir cette espèce dans d’autres sites de Suisse romande.

François Claude

 

 

28.04.2015 - Vallonia enniensis (Gredler, 1856) [Gastropoda : Valloniidae], découverte de deux nouvelles stations.

Vallonia enniensis, espèce en danger (EN) dans la liste rouge des Mollusques terrestres de Suisse ne se trouve que dans quelques rares localités en Suisse (GE, FR, AG, SH et ZH).

Deux nouvelles stations ont été découvertes (F. Claude) dans la région de la rive sud du Lac de Neuchâtel à Font (FR) et à Gletterens (FR) dans le cadre de recherches ciblées en 2013 et 2014.

Cette petite espèce thermophile mesurant un peu plus de 2 mm vit essentiellement dans des bas-marais calcaires entre 350 et 1020 m d’altitude.  Elle est en forte régression dans notre pays ainsi que dans plusieurs pays européens.

François Claude

29.10.2014 - Zygène de la gesse (Zyganea romeo) dans l'Ouest de la Suisse   

Le statut taxonomique des zygènes jumelles du groupe osterodensis / romeo dans l’ouest de la Suisse n’était pas clairement établi. Considérées jusqu’à présent comme appartenant à Zygaena osterodensis , les populations genevoises et vaudoises ont fait l’objet en 2013-2014 de recherches ciblées : tant les analyses génétiques (barcoding) effectuées à l’Université de Neuchâtel (par Jean-Michel Jacquier sous la direction de Christophe Praz) que la morphologie des chenilles observées (par Emmanuel Wermeille) montrent que les populations genevoises et de la région de La Sarraz VD appartiennent à Z. romeo . Trop anciens pour des analyses génétiques, des exemplaires de la collection de Bros provenant de l’Ouest lémanique et déterminés par erreur comme étant Z. nevadensis présentent une morphologie comparable et peuvent également être attribués à Z. romeo . Des études complémentaires sont en cours.
Yannick Chittaro
 
30.09.2013 - Aeshna subarctica dans les tourbières neuchâteloise
Découverte pour la première fois en Suisse en 1978 par Jürg Demarmels et Heinrich Schiess, Aeshna subarctica a été observée depuis surtout au nord des Alpes dans les cantons de Berne et Lucerne, plus ponctuellement à l’est, jusque dans les Grisons.
Dans la chaîne jurassienne, cette aeschne a été découverte sur le territoire suisse en 1993 par Catherine Vaucher-von Ballmoos dans la Vallée de Joux sur la commune du Chenit (VD). En Franche-Comté voisine, elle est connue de rares localités dans les départements du Jura et du Doubs.
Le 6 septembre 2013, Samuel Ehrenbold a découvert une nouvelle localité d’A. subarctica pour la chaîne jurassienne sur la commune des Ponts-de-Martel (NE). L’observation a été documentée par la capture d’un mâle, alors que probablement trois mâles volaient dans le secteur occupé.
Une superbe découverte à l’heure où les nombreuses revitalisations effectuées dans les hauts-marais jurassiens au cours des dernières années dans les cantons de Neuchâtel et du Jura pourraient offrir à cette espèce des habitats favorables à sa (re)colonisation. Un processus qu’il sera très intéressant de suivre.
Christian Monnerat
 
 
30.09.2013 - Lestes virens nouveau pour le canton de Lucerne
Lestes virens, très fortement menacé en Suisse, est actuellement surtout présent dans les cantons d’Argovie, Zurich, Schaffhouse, Thurgovie et Saint-Gall. En Suisse occidentale, ce leste n’a plus été observé depuis plus de 30 ans et une confirmation de sa présence dans l’unique localité tessinoise fait défaut.Un mâle isolé a été photographié par Elisabeth Bossart-Meister le 9 septembre 2013 sur le territoire de la commune de Meggen (LU). L’information nous a été transmise par Peter Wiprächtiger. Malgré des recherches les jours qui ont suivis, le mâle n’a plus été retrouvé et est considéré comme erratique.
La localité de reproduction actuelle la plus proche du site lucernois se trouve à Wohlen (AG) et est située à plus de 30 kilomètres. La provenance de cet individu est impossible à déterminer. L’individu peut provenir d’une localité plus éloignée encore, comme il est possible qu’un site favorable au développement de l’espèce, plus proche de Meggen, soit inconnu à ce jour.
Christian Monnerat  
 
1.7.2013 -  Une année faste pour Sympetrum depressiusculum (Odonata : Libellulidae)
Dans un passé récent la fréquence de Sympetrum depressiusculum n’a jamais été aussi élevée qu’en 2012. Il a été signalé dans 89 carrés kilométriques, soit plus de 10% des carrés pour lesquels de l’information a été transmise cette même année au CSCF (n=844). Si la prudence est de mise dans l’interprétation de cette information, il est à relever que les fréquences des 20 dernières années montrent de fortes variations annuelles pour S. depressiusculum. Un résultat que l’on peut en partie imputer au milieu temporairement inondé dont l’espèce a besoin pour son développement.
S. depressiusculum s’est montré plus régulièrement en Suisse occidentale à partir de 2002, dans des régions d’où elle était considérée comme disparue, comme dans la région des Trois Lacs par exemple. Des preuves de développement restent pour l’instant ponctuelles dans cette zone. Cela fut à nouveau le cas en 2012 sur la Rive sud du Lac de Neuchâtel, alors que l’espèce était observée dans le canton de Genève après 54 ans d’absence (div. obs.).
Christian Monnerat
 

 

1.7.2013 - De nouvelles localités de Coenagrion mercuriale en Suisse orientale (Odonata)
L’Agrion de Mercure demeure aujourd’hui l’une des espèces de libellules les plus rares de Suisse et une haute priorité nationale. Depuis plus de 10 ans maintenant, de nouvelles localités sont régulièrement découvertes en Suisse. Ce phénomène n’illustre pas uniquement une meilleure prospection du territoire et de son habitat, mais aussi la capacité de Coenagrion mercuriale de coloniser par exemple des ruisseaux ayant fait l’objet de revitalisations.
Dans le cadre des relevés Liste rouge notamment, l’espèce a été détectée en 2012 dans plusieurs nouveaux carrés kilométriques, bien qu’en petit nombre et souvent par le biais de mâle isolé, dans les cantons de Thurgovie (Frauenfeld, Warth-Weiningen), Zurich (Unterstammheim), mais aussi en Suisse centrale (Adlingenswil LU) et occidentale (Versoix GE).
Le protocole Liste rouge permet  de couvrir de manière plus systématique les fossés et ruisseaux, habitats privilégiés de l’espèce et donnera ainsi une meilleure image de sa distribution actuelle, en nous réservant espérons-le encore quelques surprises !
Christian Monnerat
 
 
1.7.2013 - De nombreuses découvertes et redécouvertes dans les Alpes internes orientales dans les 4 familles considérées pour le projet Liste rouge sur les Coléoptères du bois (Coleoptera)
Les relevés menés au cours de l’année 2012 par Andreas Sanchez et Christian Monnerat dans la région biogéographique des Alpes internes orientales ont permis de découvrir ou de retrouver plusieurs espèces des 4 familles ciblées par le projet. On peut citer les découvertes Agrilus ater, A. graminis, A. sinuatus, Obrium cantharinum, Plagionotus arcuatus, Pogonocherus decoratus, Pyrrhidium sanguineum, Xylotrechus antilope. D’autres espèces plus signalées depuis plus d’une cinquantaine d’années ont été retrouvées comme Ceruchus chrysomelinusDorcus parallelipipedus, Rusticoclytus rusticusSaperda perforata.
Ces découvertes illustrent autant le haut potentiel de la région concernée que le niveau de connaissance encore lacunaire des 4 familles de coléoptères parmi les mieux connues de ce territoire.
Christian Monnerat
 
 
1.7.2013 - Présence d’Eumodicogryllus bordigalensis (Orthoptera : Gryllidae) au centre du Plateau suisse à Büetigen (BE)
Ce grillon au centre de distribution méditerranéen a été confirmé en 2012 sur une surface renaturée à Büetigen (BE), au centre du Plateau suisse, et pionnière et graveleuse. Découverte en 2010 déjà par Paul Mosimann-Kampe, des larves et des adultes ont été relevés au cours de plusieurs visites et documentent une période d’activité qui s’étend entre juin et septembre.
Eumodicogryllus bordigalensis a colonisé le Plateau suisse au cours des années nonante. Elle a été signalée dans la région bâloise en 1998 (Birrer 2000) puis près de Genève (Vernier 2001). Elle poursuit depuis son expansion dans notre pays. Les voies CFF et leurs abords favorables à l’espèce constituent des axes de dispersion privilégiés. On peut imaginer sans peine que de nouvelles localités seront découvertes dans les prochaines années ici et là sur le Plateau.
Christian Monnerat
 
 
19.2.2013 - Découverte de Coenonympha hero (Mélibée) dans les Franches-Montagnes (Lepidoptera: Satyrinae) 
Un individu de Coenonympha hero a été découvert par Emmanuel Wermeille le 19 juin 2012 dans un site marécageux des Franches-Montagnes. Il s'agissait d'un mâle relativement frais. L'origine de cet individu et la présence effective d'une population restent incertaines. Suite à cette observation, des recherches ciblées n'ont en effet pas permis de trouver d'autres exemplaires dans le site, ni dans d'autres marais du Jura suisse et de France voisine. Dans le Jura français, quelques populations de cette espèce sont connues, mais elles sont localisées à plusieurs dizaines de kilomètres. Des recherches sont prévues pour clarifier la situation de l'espèce aux Franches-Montagnes et dans les sites potentiels en France voisine.
Coenonympha hero a disparu du nord-est de la Suisse depuis une trentaine d'années (dernière observation dans le canton de Schaffouse en 1976). Des essais de réintroduction sont actuellement en cours dans le canton de Zurich. Outre dans le Randen schaffousois, l'espèce n'a été signalée dans le Jura suisse que par une vieille donnée d'Ajoie (Bonfol, également observée à proximité dans le Sundgau alsacien) et une d'Arlesheim (BL).
Yannick Chittaro
Une nouvelle reproduction de Lestes barbarus sur le Plateau suisse (Odonata : Lestidae)
Ce leste est considéré en Suisse avant tout comme un migrateur et connu pour ses afflux parfois marqués comme ce fut le cas par exemple en 1999 et 2005. Ces événements peuvent conduire à des installations de l’espèce pour de courtes durées. Le Leste sauvage n’avait pas été évalué lors de la dernière liste rouge en raison de l’absence de populations pérennes. Après les travaux Liste rouge, des recherches spécifiques entre 2003 et 2010 avaient confirmé cette situation.
Dans le cadre du terrain réalisé pour la réactualisation de la liste rouge des Libellules de Suisse, deux individus fraîchement éclos de Lestes barbarus ont été notés le 5 juin 2012 par Laurent Juillerat à Gampelen (BE). Début août, une cinquantaine d’individus, présents dans le secteur peu profond du décapage d’un ancien marais, confirmait l’existence d’une population.
Cette nouvelle donnée fait suite à trois années consécutives sans observation, alors qu’un unique individu avait été annoncé en 2008.
CM, 12.6.2012 

 
Record d’altitude pour l’Hérisson (Erinaceus europaeus) en Suisse
Le 8 septembre 2012 Ueli Schaffner a pu observer un Hérisson (Erinaceus europaeus) près de la station de baguage du Col de Bretolet dans le Val d’Illiez (VS) à 1926 m. Les altitudes les plus élevées annoncées pour cette espèce à ce jour en Suisse se situent vers 1500 m (région Davos) et 1600 m (région Zermatt). La présence de cette espèce est régulière jusqu’à 1000 m d’altitude dans les milieux favorables.  L’Hérisson est beaucoup plus rare à partir de cette altitude jusqu’à 1500 m. Les observations à des altitudes encore plus élevées correspondent vraisemblablement à des déplacements exploratoires temporaires. Toutes les observations d’Hérisson sont donc les bienvenues, surtout celles d’altitude à plus de 1000 m. Les annonces peuvent être faites par le biais de webfauna.

Découverte de plusieurs espèces rare de chauves-souris au Val Müstair 
Dans le cadre de la journée de la biodiversité organisée par le Parc National suisse au Val Müstair 25 juin 2011, plusieurs espèces rares de chauves-souris ont pu être capturées dans la région de Sta. Maria. La découverte d’une femelle Murin de Brandt (Myotis brandtii) est inédite pour le canton des Grisons. La capture d’un mâle Barbastelle (Barbastella barbastellus) est également une première pour les vallées du sud des Alpes. A noté encore la capture d’un mâle Petit Murin Myotis blythii, espèce se reproduisant uniquement au Tessin et dans les vallées du Rhin et du Rhône. 
 

Découverte d’une nouvelle espèce de chauve-souris pour le canton du Jura 
Un mâle Myotis alcathoe (Murin d’Alcathoe) a été découvert le 2 juin 2011 au Ronde de Prérat dans les Bois de Bonfol. Ce qui porte à 22 le nombre d’espèces observée dans ce canton.


Leptura annularis  redécouvert dans la chaîne jurassienne après plus d’un siècle sans donnée (Coleoptera : Cerambycidae) 
Ce Lepturinae a une distribution morcelée en Suisse où il est connu de quelques vallées grisonnes ainsi que du Chablais et de la chaîne jurassienne. Une observation récente réalisée par Yves Gonseth dans le cadre du projet Liste rouge sur les Coléoptères du bois a permis de confirmer sa présence dans la chaîne jurassienne. Il avait été trouvé pour la dernière fois en 1901 dans la région d’Olsberg dans les contreforts du Jura bâlois. Cette espèce se développe dans les forêts alluviales où l’aulne est bien présent.CM, 24.5.2011


Oplosia cinerea  , une première pour le sud des Alpes (Coleoptera : Cerambycidae) 
Cette espèce strictement liée au tilleul pour son développement est connue de plusieurs régions de Suisse où sa plante-hôte est présente. Ainsi, il se rencontre dans la région biogéographique du Jura (Pied sud du Jura), au Nord des Alpes (Chablais, Haute Vallée de la Reuss) et dans les Alpes internes orientales (centre des Grisons). Dans le cadre de relevés effectués au sud du Tessin pour le compte de la Liste rouge sur les coléoptères du bois, Yannick Chittaro a découvert l’espèce le 18 mai 2011 dans la commune de Meride. Cette découverte constitue la première donnée d’Oplosia cinerea pour le sud des Alpes connues à ce jour.CM, 24.5.2011 

Redécouverte de Satyrium pruni (Lepidoptera) en Valais 
Satyrium pruni a été redécouvert le 20 juillet 2010 dans des pelouses steppiques près de Vercorin ,sur la commune de Chalais VS. La dernière observation de cette espèce en Valais remontait à plus de 30 ans. La Liste Rouge nationale de 1994 classe cette espèce comme menacée d'extinction. A l'échelle suisse, cette espèce est encore présente dans le Jura et le nord du canton de Zurich. La chenille de ce papillon vit sur l'épine noire  (Prunus spinosa).
Les pelouses steppiques de Vercorin font parties de l'inventaire national des pairies et pâturages secs (PPS). Depuis 2007 ces milieux sont pâturés par des ânes dans le cadre d'un projet de Pro Natura. Le site est très riche en espèces et héberge de nombreux papillons diurnes menacés. Il se distingue également par une grande diversité d'essences arborescentes. En plus de S. pruni , Il faut relever la présence de deux autres représentants du même genre:  Satyrium w-album et Satyrium spini. Regina Jöhl, oekoskop, 1.12.2010


Une donnée de Gomphus flavipes à Bâle 
E n cette fin de saison, Michael Goltz a trouvé le 1er octobre 2010 une femelle morte de Gomphus flavipes sur un terrain industriel au nord de la ville de Bâle. L'individu découvert a quelque 500 mètres des rives du Rhin et a été identifié par Robert Portmann et Daniel Küry. Après la découverte d'une exuvie sur le cours supérieur du Rhin à Schwörstadt en 2008 par Holger Hunger et Franz-Josef Schiel, cette nouvelle donnée constitue la seconde mention suisse pour l'espèce.
G. flavipes était au XIXe et au début du XXe siècle indigène dans l'Oberrhein et sa présence a été prouvée à nouveau depuis 1999 au nord de Freiburg im Breisgau. Cette découverte renforce l'hypothèse de son expansion depuis quelques années vers le sud. Daniel Küry, 18.10.2010



Découverte de Myotis nattereri (Chiroptera) dans le canton de Zurich 
Myotis nattereri a été découvert le 19.7.2010 sur la commune d'Adlikon ZH par Thierry Bohnenstengel. Cette espèce discrète est probablement sous-échantillonnée car elle évolue principalement en milieu forestier où son observation est peu aisée. TB, 7.10.2010


Découverte d'Erythromma lindenii (Odonata) dans le canton de Schwyz 
Erythromma lindenii a été découvert le 23.8.2010 sur la commune de Wangen SZ par Traute et Heinrich Fliedner. L'espèce volait à proximité du plan d'eau d'un terrain de golf. Cette observation est la première pour le canton de Schwyz. La photographie d'un mâle qui a été capturé a permis de valider cette découverte.
E. lindenii poursuit sa progression en Suisse. Elle a été découverte récemment dans le Churertal aussi sur les plans d'eau d'un terrain de golf.
Cette espèce discrète est probablement sous-échantillonnée car souvent posée à distance de la berge. Le balayage aux jumelles de la végétation émergée ou des tiges sur lesquelles elle se pose est le meilleur moyen de l'observer. Sa capture est souvent impossible. CM, 9.9.2010 
 

Une donnée récente pour Bembidion octomaculatum (Coleoptera) en Suisse 
Bembidion octomaculatum a été trouvé en abondance le 14.7.2010 à Lavigny VD par René Hoess dans une dépression temporaire. Principalement connu dans l'ouest du pays, ce petit carabe n'avait plus été mentionné en Suisse après 1994, date à laquelle il avait été collecté en Valais central. CM, 9.9.2010 
 

Nouvelle présence d'Hyles gallii (Lepidoptera) au nord des Alpes 
Dans le Simmental, des adultes d' Hyles gallii ont été observés le 26.8.2010 par René Hoess à Boltingen BE dans trois marais distincts. Dérangés par l'observateur qui parcourait les sites à la recherche de libellules, ils se sont reposés après un bref vol dans la végétation.Un adulte a aussi été photographié par Beat Schneider le 31.8.2010 à Weiach ZH dans une gravière. La chenille de ce sphingidé vit dans les endroits humides et chauds et se développe sur différentes espèces d'épilobes, de gaillets ou encore d'euphorbes.
Bien distribué dans le canton du Valais ainsi que dans les Grisons, l'espèce n'est pas annuelle au nord des Alpes. Les chenilles sont plus fréquemment rencontrées que les adultes. Notre connaissance de sa distribution est considérée comme incomplète. Par opposition à de nombreux autres sphingidés, l'espèce n'est pas attirée par les pièges lumineux. CM, 9.9.2010 

 
Nouvelle reproduction d'Anax ephippiger (Odonata) en Suisse dans le canton de Zurich 
Après des observations répétées les 8 et 9.6 et le 5.7.2010 à Weiach ZH dans une gravière, Beat Schneider a pu observer un mâle fraichement éclos et six exuvies le 31.8.2010 dans ce même site.
Anax ephippiger s'était déjà reproduite en 2009 dans cette localité.
Si l'espèce est une apparition presque annuelle en Suisse depuis 2000, les preuves de développement sont plus ponctuelles. CM, 9.9.2010
 
Observation de Ceriagrion tenellum (Odonata) dans une tourbière jurassienne 
Dans le Jura neuchâtelois, Sébastien Tschanz a observé un mâle de Ceriagrion tenellum le 19 juillet 2010, une première mention pour cette espèce dans le canton. L'individu a été découvert à proximité d'un plan d'eau tourbeux recréé durant l'automne 2008. Il s'agit de la première donnée de ce zygoptère sur le relief jurassien où il avait été signalé jusqu'au début du XXe siècle de la Vallée de Joux.
Ceriagrion tenellum semble se disperser depuis une dizaine d'années en marge des sites classiques connus sur la Rive sud du Lac de Neuchâtel. Sa possible installation dans de nouvelles localités du Plateau comme du Jura mérite d'être suivie. CM, 28.7.2010.
 
Coenagrion scitulum (Odonata) observés dans de nouvelles localités du canton du Jura 
A ce jour connu que d'Ajoie, où il avait été observé pour la première fois en 2002, Coenagrion scitulum a étendu son aire de distribution dans le canton du Jura. Il a été découvert en juillet 2010 sur le Plateau franc-montagnard à 990 mètres d'altitude par Laurent Juillerat (biologiste indépendant) et à 480 m dans la vallée de Delémont par Christian Monnerat (CSCF).
Dans les deux cas, un seul tandem a été observé. Si présent en faible effectif, C. scitulum est une espèce très discrète. Il doit être recherché partout en Suisse dans les plans d'eau peu profonds de petites à moyennes tailles envahis de végétation flottante et immergée (Potamogeton, Myriophyllum ou Chara). CM, 28.7.2010.
 
Redécouverte du mythique Osmoderma eremita (Coleoptera) dans le canton de Bâle-Campagne 
Un adulte d'Osmoderme a été observé et photographié le 14 juillet 2010 par Martin Bolliger (Naturama) dans une nouvelle localité du canton de Bâle-Campagne. L'espèce avait été observée précédemment  sur la commune d'Allschwil jusqu'au début des années 1960. Les vaines recherches actives effectuées dans ce site ces dernières années ont permis de constater qu'il n'abritait plus aujourd'hui d'habitats favorables à l'Osmoderme. Ce coléoptère saproxylophage se développe dans le terreau des cavités des branches ou du tronc de très vieux arbres (chênes, saules, tilleuls).
Comme, nous l'avons relevé dans une précédente note, l'Osmoderme devrait être recherché activement dans tous les cantons où il a été mentionné historiquement. Cette espèce est hautement prioritaire à l'échelle nationale et menacée d'extinction en Suisse comme dans de  nombreux pays européens. Assurément présent à basse altitude sur l'ensemble du territoire suisse au début du XXe siècle, il n'a été retrouvé que dans trois localités suisses depuis 2000. CM, 28.7.2010.
 
Une nouvelle localité de Lestes dryas (Odonata) dans le canton de Zurich 
Lestes dryas a été découverte le 10 juillet 2010 par Beat Schneider dans une nouvelle localité zurichoise. Une trentaine d'adultes ont été observés dans une gravière, à plusieurs kilomètres des rares localités zurichoises dans lesquelles l'espèce s'est maintenue.
Ce leste est très rare et particulièrement menacé dans le quart nord-est de la Suisse. CM, 28.7.2010.
 
Confirmation de la présence d'Epitheca bimaculata (Odonata) sur le Plateau franc-montagnard 
Cette espèce est très localisée en Suisse et présente une concentration de localités dans le nord-ouest du pays, surtout dans le canton du Jura.
Après la découverte en 2009 d'une exuvie d' Epitheca bimaculata dans une localité des Franches-Montagnes, plusieurs sites favorables ont été prospectés dans la région. Ces recherches menées par Christian Monnerat (CSCF) ont permis de découvrir l'espèce dans deux nouveaux plans d'eau tourbeux.
Ces apparitions probablement récentes sont une bonne nouvelle. Elles illustrent la capacité de cette espèce de coloniser de nouveaux sites et suggèrent un renforcement de ses populations régionales. Rappelons que l'Epithèque à deux taches, menacée d'extinction en Suisse, est hautement prioritaire à l'échelle nationale. CM, 28.7.2010.
 
 
Une population d'importance nationale pour Leucorrhinia pectoralis (Odonata) dans les tourbières du Jura suisse 
La découverte en 2009 de Leucorrhinia pectoralis dans les Franches-Montagnes (cf. note précédente) a stimulé la prospection de sites qui lui sont potentiellement favorables dans la région. Ainsi, les observations réunies par Laetitia Chedorge (Centre des Cerlatez ), Sébastien Tschanz (Service de la faune, des forêts et de la nature du canton de Neuchâtel) et Christian Monnerat (CSCF) ont permis d'actualiser nos connaissances sur sa distribution dans la chaîne jurassienne. Pas moins de 8 localités, dont certaines abritent des effectifs importants, ont été répertoriées principalement dans le Canton du Jura, mais aussi dans le Jura bernois et neuchâtelois.
Cette situation très réjouissante est la conséquence positive des travaux de revitalisation qui ont été effectués dans de nombreux hauts-marais de la région dès 2004. Soulignons toutefois que ces sites ont probablement été recolonisés à partir des sites francs-comtois (Jura français) où la Leucorrhine à gros thorax est connue de longue date. Ce constat souligne une fois de plus qu'une stratégie efficace de conservation des espèces doit impérativement transcender les frontières politiques.
Les recherches se poursuivront en 2011 pour poser les bases d'un plan d'action régional pour cette espèce de première priorité nationale. CM, 28.7.2010.  
 
 
Redécouverte de plusieurs Longicornes (Coleoptera Cerambycidae) rares en Valais 
En marge du projet de Liste rouge des Coléoptères du bois, des pièges à bières ont été installés en 15 endroits du Valais et du Chablais vaudois. Plusieurs Longicornes rares en Suisse ont ainsi pu être capturés. Leioderes kollari (7 données suisses, dernière en 1995) a pu être retrouvé dans la région de Martigny, de même que Clytus tropicus (4 données valaisannes, dernière de 1994). Xylotrechus antilope a également été capturé : il s'agit des premières observations pour le Valais et le Chablais. YC, 12.8.2010
 
 
Leptophyes albovittata (Orthoptera) découverte en 2009 dans le Val Mesolcina 
Cette petite sauterelle, très discrète, a été découverte récemment (2000) en Basse Engadine, première mention pour la Suisse. Les recherches qui ont suivies ont permis de mieux connaître sa distribution limitée à la région de Scuol. On la rencontre en zone agricole, dans les prairies et les friches.
La découverte de Leptophyes albovittata en 2009 par Bruno et Lotti Keist dans le Val Mesolcina fut une surprise de taille. Les intenses recherches de terrain effectuées au cours des vingt dernières années dans cette région n'avaient pas permis de la détecter. S'agit-il d'une colonisation récente ? De nouveaux relevés, en permettant de compléter nos connaissances sur sa distribution régionale, permettront peut-être de répondre à cette question. Comme le Val Mesolcina s'ouvre sur le Tessin, sa recherche dans ce canton a de fortes chances d'être fructueuse. CM, 28.7.2010.
Importante migration de Vanessa cardui (Rhopalocera) en Suisse 
La Belle Dame ou Vanesse du chardon (Vanessa cardui) est une des rares espèces de papillons qui immigre en Suisse chaque année, en provenance d'Afrique du Nord. Si le phénomène a lieu chaque printemps (d'avril à juin), c'est le nombre extrêmement élevé d'individus qui rend la migration de 2009 exceptionnelle.
Vanessa cardui n'est pas une espèce migratrice au sens strict dans la mesure où ce ne sont pas les mêmes individus qui se déplacent vers le nord au printemps et vers le sud en automne (à l'inverse des deux espèces de Monarques d'Amérique du Nord). Ses déplacements dirigés sont le fait d'une partie seulement de la population en place : si tous les individus se déplacent beaucoup à toute période de l'année, ils sont une majorité à se déplacer vers le nord au printemps et une majorité vers le sud en automne.
Les individus adoptent un vol direct (25-30 km/h), ne se posant que rarement pour butiner avant de repartir. L'espèce immigre dans des lieux définis et s'y reproduit, avant de mourir. Vanessa cardui étant une espèce plurivoltine, à cycles assez courts, les générations suivantes continuent le voyage vers le Nord, quelques spécimens atteignant l'Islande certains étés! Il est donc probable qu'une partie au moins des individus frais que l'on rencontre en Suisse actuellement ne viennent pas directement du Nord de l'Afrique, mais sont déjà les descendants de la première vague qui a traversé la Méditerranée.
En automne, une grande partie des descendants retourne au Sud. Parmi ceux qui restent au Nord des Alpes, certains survivent probablement pendant les hivers doux.


Cupido argiades (Rhopalocera) vole déjà sur le littoral neuchâtelois 
L'observations précoce de Cupido argiades, réalisée le 15 avril 2009 sur la commune d'Hauterive par Laurent Juillerat, est fort intéressante: elle confirme l'implantation locale de l'espèce. La capture sytématique des petits Lycaenidae et le contrôle en main permet d'améliorer la détection de l'Azuré du trèfle. 


L'Osmoderme (Coleoptera) retrouvé dans la région genevoise 
La découverte de restes d'Osmoderme (Osmoderma eremita) en 2009 dans la région genevoise par Mickaël Blanc apporte la preuve que cette espèce est encore présente dans le canton. La précédente donnée genevoise remontait à l'année 1961, date à laquelle il avait été trouvé sur la commune de Dardagny. Présent au début du XXe siècle sur l'ensemble du Plateau suisse, l'Osmoderme n'a été retrouvé dès 2000 que dans une allée de tilleuls en ville de Soleure. Ce coléoptère se développe dans le bois en décomposition des vieilles cavités et est aujourd'hui l'un des coléoptères les plus menacés de Suisse et d'Europe suite à l'élimination systématique des grands arbres à cavités. 
La redécouverte dans le canton de Genève de cette espèce emblématique illustre sa discrétion et la difficulté de le détecter. L'Osmoderme devrait être activement recherché dans les cantons où il a été signalé par le passé soit Bâle-Campagne, Fribourg, Genève, Grisons, Saint-Gall, Soleure, Tessin, Valais, Vaud et Zurich. Seule de l'information récente et la connaissance des rares arbres encore favorables à son développement  permettra de prendre les mesures nécessaires à sa conservation.

 

Otiorhynchus grischunensis (Coleoptera, Curculionidae), une nouvelle espèce de charançon des Grisons 
Connu actuellement de trois localités des Alpes grisonnes (Davos, St. Moritz et Col de la Bernina), une nouvelle espèce de charançon pour la science a été découverte et décrite récemment. Le nouveau Otiorhyncus grischunensis vit, comme d'autres représentants de ce genre probablement polyphage, dans le sol et la litière des landes de l'étage alpin (au-dessus de 2000 m). Ses plus proches parents se rencontrent dans le sud des Apennins, le sud-est de la péninsule balkanique, ainsi qu'en Bulgarie et en Turquie. La dernière description d'une espèce d'Otiorhynchus de Suisse remonte à 140 ans.

 

Leucorrhinia albifrons  (Leucorrhine à front blanc) retrouvée dans le canton de Berne 
Leucorrhinia albifrons a toujours été rare en Suisse et était présente localement sur le Plateau, en Suisse centrale et en Valais. Dès les années 1970, cette libellule a encore été observée à Arth-Goldau (SZ) jusqu'en 1978 et s'est maintenue jusqu'à nos jours à Bavois (VD) et au Pfynwald (VS). L. albifrons a été découverte en 2000 à Cartigny (GE), une région probablement colonisée par l'immigration d'individus de France voisine.
Le 30 juillet 2009, René Hoess a observé un mâle isolé à Niederried bei Kall (BE). L'espèce était considérée comme éteinte dans le canton de Berne depuis sa dernière observation en 1959. On peut ainsi s'attendre à de nouvelles observations sur le Plateau suisse qui pourraient conduire à une réinstallation permanente.
 

Coenagrion scitulum (Odonata) découvert dans le canton d'Argovie 
René Hoess a observé le 1er juillet 2009 à Auschachen bei Brugg une femelle de Coenagrion scitulum. Cette espèce étend son aire de distribution en Europe centrale depuis le sud-ouest de l'Europe. Elle ne s'est implantée que depuis quelques années en Ajoie JU et dans le Grosses MoosBE/FR. Les femelles à la recherche de sites de ponte peuvent être observées loin des plans d'eau. Une attention particulière sera portée à ces individus discrets qui peuvent facilement passer inaperçus.

Onychogomphus forcipatus (Odonata) en abondance à la Vallée de Joux 
Dans le cadre des inventaires odonates menés sur les sites marécageux de la Vallée de Joux, Alain Maibach a eu la surprise de capturer et d'observer le 13 juillet dernier Onychogomphus f. forcipatus en très grand nombre, plus de 200 individus au total. Les individus se tenaient dans un vaste secteur à proximité de l'Orbe en amont du Lac de Joux. Le long de l'Orbe chaque pierre émergente supportait un mâle (au moins !). Lors de la découverte, la température était élevée (>28°C) et un fort vent du sud soufflait.
Cette espèce n'avait jusqu'à présent jamais été observée à la Vallée de Joux. CM, 14 juillet 2009

Epitheca bimaculata et Leucorrhinia pectoralis (Odonata) aux Franches-Montagnes 
Dans le cadre de son travail de stage au Centre Nature au Cerlatez (Saignelégier JU), Magali Crouvezier a inventorié les libellules de plusieurs plans d'eau tourbeux des Franches-Montagnes. Sur la commune de Montfaucon (JU), elle a notamment collecté deux exuvies d'Epitheca bimaculata et observé plusieurs mâles de Leucorrhinia pectoralis.
Pour E. bimaculata, il s'agit de la première preuve de développement connue sur le Plateau franc-montagnard, quant à L. pectoralis, elle n'avait plus été rencontrée depuis de nombreuses années dans la région. Les deux espèces sont inscrites dans la catégorie « au bord de l'extinction » (CR) de la dernière liste rouge des libellules de Suisse. CM, 8 juillet 2009 

Premières observations de Pieris mannii au Nord des Alpes
Jusqu'à présent, Pieris mannii n'était connu que du Valais et du sud du Tessin, historiquement aussi du canton de Genève (où l'espèce a d'ailleurs été redécouverte récemment par Wermeille). Les observations les  plus hautes sont situées à près de 1000 m d'altitude (en Valais).
Le 23 juillet 2008, Bernhard Jost, Hanspeter et Sebastian Wymann ont découvert par hasard Pieris mannii dans le bas Simmental (BE), au Nord des Alpes. Le milieu présent correspondait beaucoup à l'habitat de l'espèce en Valais : éboulis calcaire xérothermique avec boisement partiel clairsemé. Il est apparu  les jours suivants  que l'espèce s'y développait.
A la fin juillet, l'espèce fut observée en grand nombre par HP Wymann à proximité de sa maison à Jegenstorf, près de Berne. Dans la même période, l'espèce fut découverte à Wimmis BE, à Thoune BE, dans la ville de Berne ainsi qu'à différents endroits du Plateau. L'espèce fut également observée par Ruedi Bryner à Bienne le 2.8.2008 et fut découverte le 3 août dans le canton de Soleure (Lohn, Soleure, Olten) par Jost et Ziegler. En outre, Wermeille a observé l'espèce à Genève, en  mai 2008, ainsi que dans le Jura soleurois lors du mois de juillet. L'espèce avait déjà été revue à Genève en 2005 (premières observations depuis 1918 pour le canton) par Gilles Carron et fut en outre observée par Wermeille dans le Jura vaudois en 2006.
Toutes les observations de Pieris mannii du Plateau suisse correspondent à Pieris mannii alpigena, soit la sous-espèce présente dans le Sud de la France et en Valais. Il paraît improbable  que l'espèce ait pu passer les cols valaisans (de haute altitude) pour gagner le Plateau. Nous pouvons également exclure que Pieris mannii ait passé inaperçu sur le Plateau et dans le Jura toutes ces années. Les observations de ces dernières années dans la région genevoise sont donc particulièrement intéressantes. Elles soutiennent l'hypothèse que Pieris mannii est remontée  le long du Rhône, du sud de la France jusqu'au bassin genevois, lors de la canicule de 2003. L'avancée secondaire, le long du Jura et sur le Plateau, a du probablement avoir lieu entre l'automne 2007 et le printemps 2008. Sur le Plateau, l'expansion de Pieris mannii est favorisée par la présence d'un milieu de remplacement, proche de celui de son milieu d'origine, présent dans les agglomérations: la plante hôte de la chenille, Iberis sempervirens, y est bien implantée dans les jardins et les maisons et la végétation jardinée répondent à sa prédilection pour les sites xérothermiques comprenant des structures riches en végétation.
Texte de Heiner Ziegler 


Arrivée précoce de l'Anax porte-selle en Suisse 
Arrivée précoce de l' Anax porte-selle (Anax ephippiger) en Suisse où il a été découvert et photographié le 4 mai 2008 à Pfungen ZH par Beat Schneider. Cet élément africain et ouest asiatique est un migrateur très mobile qui apparaît en Suisse entre mai et juillet et peut réaliser si les conditions le permettent son développement en moins de trois mois au cours de l'été. Des émergences ont été ainsi notées entre fin juillet et fin octobre. L'espèce peut être confondue avec l'Anax napolitain (Anax parthenope). L'observation attentive aux jumelles de l'étendue de la tache bleue à la base de l'abdomen, plus réduite chez A. ephippiger, de la couleur des yeux et du thorax beige-brun chez A. ephippiger peut permettre une identification sans capture. CSCF, 10 mai 2008

 

De nouvelles observations pour Rhamnusium bicolor et Ropalopus ungaricus (Coleoptera) 
Les recherches ciblées menées au Tessin par Ulrich Bense dans le cadre du projet Liste rouge sur les Coléoptères du bois ont permis de découvrir deux espèces de Cerambycidae inconnues à ce jour au sud des Alpes à savoir Rhamnusium bicolor et Ropalopus ungaricus . Des trous de sorties et des traces de l'activité des larves ont été mises en évidence. La recherche de traces est un bon moyen pour mettre en évidence ces deux espèces considérées comme rares dans notre pays.
R. bicolor n'a été signalé qu'à deux reprises dès 2000, à Dorénaz VS par Raymond Rausis et à Senèdes FR par André Hayoz.
Après plus d'un demi-siècle sans observation R. ungaricus a été observé en 2007 à Gänsbrunnen SO par Michael Geiser.


Gomphus flavipes (Odonata : Gomphidae) découvert en Suisse sur le Rhin
Dans le cadre d'un mandat en lien avec la planification du tronçon Karsau-Wehr de l'A98 (Baden-Württemberg), Holger Hunger et Franz-Josef Schiel ont recherché à trois reprises des exuvies sur un transect de 8km le long des berges du Rhin. A cette occasion, trois exuvies de Gomphus flavipes ont été découvertes à la hauteur de Schwörstadt. Les découvertes ont été réalisées lors des trois passages, les 29 juin, 23 et 27 juillet. Des recherches ciblées ont finalement permis de découvrir le 9 août une exuvie de G.flavipes sur la rive suisse du Rhin à la hauteur de Schwörstadt. L'exuvie, plus très fraîche et enveloppée par une toile d'araignée, était accrochée à la passerelle d'un bâteau. FJS, 15 août 2008 


Conocephalus dorsalis (Orthoptera : Tettigoniidae) retrouvé en Valais central 
Cette petite sauterelle verte et rousse se rencontre dans les bas-marais. Elle se différencie de C.fuscus, espèce proche, par ses élytres plus courtes. La femelle porte un ovipositeur courbé vers le haut et non droit. De tout temps rare en Suisse, elle est considérée comme en danger d'extinction dans la nouvelle liste rouge des Orthoptères de Suisse. Signalée dans la première moitié du siècle dernier par Nestor Cerutti à Martigny, Conocephalus dorsalis a été retrouvée en Valais central par Christian Monnerat dans le cadre de son activité de terrain pour le Monitoring de la biodiversité en Suisse (indicateur Z3). CSCF, 30 juillet 2008


Agrilus derasofasciatus (Coleoptera : Buprestidae) découvert dans canton de Zurich
Nos jardins abritent parfois des espèces inattendues ! Stefan Kohl a récemment découvert Agrilus derasofasciatus , un petit bupreste de 6 mm de long qui volait sur les feuilles de vigne de son jardin à Uster. Les localités connues de Suisse se distribuaient jusqu'à présent surtout dans le sud du pays en Valais et au Tessin, mais il était aussi connu de quelques localités sur le Plateau et au pied sud du Jura. Cette découverte fort intéressante reflète l'état de connaissance "moyen" des espèces de ce genre de petites tailles et l'intérêt des jardins privés pour le développement de cette espèce. CSCF, 19 juillet 2008


Poecilonota variolosa (Coleoptera : Buprestidae) retrouvé dans le canton des Grisons
Ce buprete très mimétique de grande taille atteint parfois 20 mm. La période d'apparition des adultes s'étale de mai à septembre. Poecilonota variolosa se tient sur les portions ensoleillées des troncs des trembles déperissants dans lesquels il se développe. Présent dans l'ensemble de la Suisse, il est toujours local et rare. Il avait été signalé au XIXe siècle par Edouard Killias à l'Alten Schyn et a été retrouvé près de Filisur par Christian Monnerat dans le cadre des recherches spécifiques effectuées pour le projet Liste rouge sur les coléoptères du bois. CSCF, 17 juillet 2008


La Déesse précieuse (Nehalennia speciosa) retrouvée dans le canton de Zurich
Les recherches menées par Stefan Kohl et Hansruedi Wildermuth dans le cadre du terrain organisé pour le projet de Monitoring de la Biodiversité en Suisse (Z3) visaient à fournir une preuve de présence de l'Agrion ligné (Coenagrion hastulatum) pour le Plateau. Elles ont permis non seulement de retrouver l'agrion mais aussi la redécouverte sensationnelle de Nehalennia qui n'avait plus été observée dans le canton de Zurich depuis 1990 et était considérée depuis comme disparue de cette région. CSCF, 3 juin 2008

Découverte d'une nouvelle population de Nehalennia speciosa en Suisse romande (Odonata: Coenagrionidae) 
Une population de N. speciosa a été découverte en Suisse romande dans une zone inondée en permanence d'un marais sur la rive sud du Lac de Neuchâtel le 19 juin 2007. Cette nouvelle localité est à ce jour la plus occidentale de son aire de distribution. N. speciosa n'avait plus été observée en Suisse après 1990 dans ses localités zurichoises et était considérée comme disparue. Cette découverte illustre à merveille les surprises de taille qui peuvent encore survenir en Europe centrale et ainsi compléter notre connaissance de la distribution d'un groupe d'insectes aussi bien connu que les libellules. A l'échelle nationale, elle relance l'enjeu de la conservation de cette espèce, l'une des plus menacées de Suisse. Un monitoring de cette population sera mis en place de manière à identifier le type et la périodicité de l'entretien le plus favorable au maintien de N. speciosa. Voir l'article

2005: Nouvelle observation d'Argynnis pandora (Rhopalocera) en Suisse 
Le Cardinal (Argynnis pandora), répandu dans le sud de l'Europe, a toujours été un migrateur très rare en Suisse,  sa dernière observation datant de 1947 à Sierre (VS). La photographie de Guy Padfield du 29 mai 2005 est donc tout à fait exceptionnelle. L'espèce a été observée volant près de baguenaudiers, dans les environs de Fully (VS). Elle se distingue de l'espèce voisine Argynnis paphia par le dessous de ses ailes antérieures qui sont en grande partie rouge vif.

Nouvelle espèce pour Suisse: Troglophilus cavicola (Kollar, 1833) [Orthoptera Gryllidae] 
La Sauterelle des grottes n'était pour l'instant connue en Suisse que d'une seule mention, à Brusio GR dans le Val Poschiavo. L'espèce y avait été observée dans une maison en 1983, mais n'avait pas été capturée (J. Kohler). Des recherches spécifiques ont permis de retrouver une petite population le 29.6.2004, dans des vieux murs à proximité de la station initiale (H. Bauch, C. Germann & C. Kropf). Cette sauterelle est bien représentée dans les grottes de Lombardie I, à l'est du Lac de Côme (Banti et al. 1991), mais n'a pour l'instant jamais été observée dans les grottes tessinoises. LJ

 

Quatre nouvelles espèces de Trichoptères pour la faune de Suisse 
Dans le cadre du projet d'actualisation du statut Liste rouge des organismes aquatiques, quatre espèces de Trichoptères ont été découvertes pour la première fois en Suisse. Il s'agit de Anabolia furcata Brauer, 1857, trouvée en 2001 dans le lac de Walensee (V. Lubini), LR), Leptocerus lusitanicus (McLachlan, 1884) trouvée en 2004 dans le Rhin (H. Vicentini, LR), Oecismus monedula(Hagen, 1859) trouvée notamment dans une source de la région de Perlen en 2002 (V. Lubini & H. Vicentini) et Polycentropus schmidi Novak & Botosaneanu 1964 trouvée en 2004 dans la Singine (P. Stucki, LR). LJ 
 

Anacridium aegyptium (Linné, 1764) retrouvée au Tessin 
Après plus de 50 ans sans observation, une femelle de Criquet égyptien a été découverte à Morbio superiore TI, le 20.3.2004 (N. Patocchi). Une larve a de plus été découverte à Castel San Pietro TI, le 18.8.2004, dans une carrière (C. Roesti, LR). Deux adultes ont encore été retrouvés non loin, le 2.10.2004 (M. Roesli). Cette espèce, en marge septentrionale de son aire de répartition, a ainsi réussi à passer l'hiver et à se reproduire sur le territoire tessinois. Les individus observés occasionnellement au Nord des Alpes résultent quant à eux d'introductions fortuites, par les transports de fruits et légumes en provenance du sud de l'Europe (Bellmann & Luquet 1995). LJ 


Leucorrhinia caudalis (Charpentier, 1840) [Odonata] 
Un mâle de Leucorrhine à large queue a été découvert le 10.7.2004 à l'étang de Hinterriet à Pfyn TG (D. Hagist). Autrefois bien répandue dans les plans d'eau oligo-mésotrophes à végétation flottante de l'est du Plateau suisse (Meier 1989), cette espèce n'occupe plus que quelques stations dans la vallée de la Reuss. Elle est menacée de disparition dans la majeure partie des pays d'Europe centrale. Relativement précoce, elle est à rechercher au cours des mois de mai et de juin. LJ



Mesosa curculionoides (Linné, 1761) [Coleoptera Cerambycidae] retrouvée en Valais 
Autrefois connue de la majeure partie du territoire suisse, la Mésose charançon n'avait plus été observé depuis une quarantaine d'années. Elle vient toutefois d'être retrouvée, le 9.6.2004 dans une tillaie sur éboulis à Dorénaz VS (A. Burri, LR). Ce petit longicorne très polyphage colonise avant tout des branches mortes de feuillus. De moeurs crépusculaires à nocturnes, il est très rarement observé dans la nature mais peut être détecté par la récolte et la mise en élevage de branches mortes (Robert 1997). LJ


Palmar festiva (Linné, 1767) [Coleoptera Buprestidae] im Jura beobachtet  
Palmar festiva (Wacholderprachtkäfer) konnte am 10.06.2004 am Fusse des Juras in den Garides (Felsensteppen) von Rièdes bei Cornaux NE (Yves Gonseth) und von Les Rochettes bei Neuveville BE (Christian Monnerat) neu nachgewiewsen werden. Diese wärmeliebende Art vollbringt ihren Lebenszyklus normalerweise auf geschwächten Wachholderbüschen. Es scheint jedoch, dass diese Art sich neuerdings auch auf der Thuja entwickeln kann. Dabei kommt es zu Schäden am Strauch. Eine gezielte Suche könnte mehr Licht in dieses Phänomen bringen. Nach unserem Kenntnisstand ist diese Art in der Schweiz weiterhin nur lokal verbreitet und bleibt selten.


Phymatodes pusillus (Fabricius, 1787) [Coleoptera Cerambycidae] 
Le Phymatode minuscule n'était connu de Suisse que de deux observations, en 1948 au Val Lavizzara à Fusio TI (Allenspach 1973) et en 1949 à la Chassagne d'Onnens VD. Plusieurs individus ont été retrouvés en 2004 à Meride TI, les 20.5 et 10.6 (C. Pradella, LR). Les adultes se trouvent d'avril à mai sur les branches des chênes, sous l'écorce desquelles se développent les larves (Bense 1995). LJ


Trachypteris picta (Pallas, 1773) [Coleoptera Buprestidae]
Après 40 ans sans observation dans notre pays, le Mélanophile tacheté a été redécouvert simultanément le 7.6.2004 dans des clairières au Moulin-de-Vert à Cartigny GE (G. Carron) et en bordure d'une saulaie alluviale dans le Vallon de l'Allondon à Russin GE (C. Monnerat, LR). Outre le canton de Genève, T. picta était aussi anciennement mentionné du Valais, entre Viège et Martigny. L'espèce utilise généralement les peupliers ou le Saule blanc pour se reproduire (Brechtel & Kostenbader 2002). LJ 
Nouvelle espèce pour la Suisse: A crotylus patruelis (Herrich-Schäffer, 1838) [Orthoptera Acrididae]
Une femelle de cette espèce d'orthoptère afro-tropicale a été découverte à Locarno TI, dans le delta de la Maggia le 30.8.2003 (E. Sardet, LR). Comme en témoignent les observations de larves et d'adultes en août 2004 (E. Sardet, C. Roesti), l'Oedipode gracile s'est reproduite avec succès dans cette station. Deux autres populations ont en outre été localisées en août 2004, en bordure de vignes à Chiasso TI (C. Roesti, LR) et dans une carrière à Arzo TI (A. Conelli, LR). Les conditions caniculaires de l'été 2003 ont permis à ce criquet d'étendre son aire de distribution vers le nord. Par ailleurs, ce taxon a également été découvert en septembre 2003 à Nuremberg D où une introduction passive est supposée (Pankratius 2004). LJ
Nouvelle espèce pour la Suisse:  Nustera distigma (Charpentier, 1825) [Coleoptera Cerambycidae] 
Un individu de Lepture à deux taches a été capturé le 3.5.2003 à Mergoscia TI, dans le Val Verzasca (R. Graf). Répartie principalement dans la péninsule ibérique, cette espèce qui se développe essentiellement sur le chêne possède quelques populations isolées dans le sud de la France (Villiers 1978). L'existence d'une population tessinoise relictuelle est possible, mais reste à confirmer. La distance séparant Mergoscia des populations françaises les plus proches étant de près de 400 km, la seule hypothèse alternative reste celle d'une introduction accidentelle. Afin de confirmer le statut helvétique de ce lepture au motif élytral caractéristique, des recherches ciblées dans les chênaies du Val Verzasca seraient souhaitables. LJ 
 
Conséquences des conditions météorologiques de la saison 2003 pour Lampides boeticus (Linné, 1767), Cupido alcetas(Hoffmannsegg, 1804) et C. argiades (Pallas, 1771) [Lepidoptera Lycaenidae] 
Aucun naturaliste n'aura pu manquer les importants afflux de Vanesses des chardons ou de Moro-Sphynx en 2003. Les conditions météorologiques extrêmes du printemps et de l'été 2003 ont également permis à d'autres espèces plus discrètes d'envahir la Suisse ou d'étendre leur aire de répartition. Concernant les migrateurs, l'Azuré porte-queue a été observé dans de nombreuses régions, notamment dans le nord du pays, où il n'apparaît que très sporadiquement. Après les premières observations valaisannes à mi juin (R. Imstepf), Lampides boeticus a été recensé au mois de juillet dans le sud du pays (TI, GE), avant d'être découvert sur le Plateau et au pied du Jura dès la fin du mois. Sa reproduction a en outre été constatée dans le nord du pays, sur des arbustes ornementaux de Colutea arborescens et sur Latyrus latifolius à Hauterive NE, Neuchâtel NE, La Neuveville BE et Bienne BE (L. Juillerat, C. Monnerat). Un dernier individu a encore été observé le 29.9 à Rovio TI (M. Pollini). En 2004, l'espèce n'a à notre connaissance pas été retrouvée en Suisse.
Concernant les espèces résidentes, l'Azuré de la faucille a considérablement étendu son aire de répartition vers nord-est, sur le Plateau et au pied de la Chaîne jurassienne, sur plus de 100 km (Juillerat 2004). Autrefois limité au Valais central et au Bassin genevois, Cupido alcetas a atteint en 3 générations la région de Bienne en 2003. Il a de plus passé l'hiver 2003-2004 avec succès dans les secteurs nouvellement colonisés. De nouvelles prospections devraient permettre de préciser l'étendue de la colonisation à l'est du canton de Berne, de même que la persistance des populations nouvellement installées.
 
Dans une moindre mesure, l'Azuré du Trèfle a également profité de l'année 2003 pour regagner une partie du terrain perdu au cours des dernières décennies. En effet, Cupido argiades s'est répandu depuis le Bassin lémanique sur le Plateau jusqu'aux environs d'Yverdon VD (E. Wermeille; C. Monnerat; M. Pittet). Au sud des Alpes, il a été retrouvé dans la région de Locarno TI (L. Juillerat) et dans le Val Poschiavo GR (Y. Gonseth, C. Monnerat) après plusieurs décennies sans observation. En 2004, hormis dans ses traditionnels bastions genevois, il n'a été observé qu'à Ollon VD (R. Delarze, BDM Z3), Fully VS (J. Fournier, BDM Z3) et Weil am Rhein D, à proximité immédiate de la frontière bâloise (C. Rust). LJ

 

Metrioptera roeselii (Hagenbach, 1822) [Orthoptera Tettigoniidae] 
La Decticelle bariolée a été découverte le 4.9.2003 en diverses stations du Val Mesolcina, aux environs de San Bernardino 1600-1630 m et à Pian San Giacomo 1180 m, sur la commune de Mesocco GR (B. Keist). En septembre 2004 une vingtaine d'adultes ont été retrouvés à Pian San Giacomo. Des recherches ciblées en aval de Soazzo GR et dans le Val Blenio TI se sont par contre révélées vaines. Les milieux où cette espèce a été observée sont très éclectiques: pâturage maigre, nardaie, prairie humide et végétation rudérale en bordure de ruisseau (Keist 2004). Ces observations incitent à être très attentif à tout nouveau contact avec M. roeselii ou M. fedtschenkoi minor au sud des Alpes, les deux étant potentielles. LJ


Aiolopus thalassinus (Fabricius, 1781) retrouvée sur le Plateau
L'Oedipode émeraudine, qui avait disparu du Plateau suisse depuis le 19e siècle, a été retrouvée en août 2003 dans diverses stations genevoises (E. Wermeille, G. Carron, LR). Un secteur revitalisé dans les alluvions du Rhône à Russin accueillait même jusqu'à 50 individus le 26.8.2003. L'espèce s'y est de plus très probablement reproduite, puisque quelques individus ont été retrouvés le 12.8.2004 (G. Carron, LR). Cette oedipode, liée aux milieux alluviaux a bénéficié de la canicule de l'été 2003 pour reconquérir ses anciens bastions genevois. L'avenir nous dira si les milieux actuels permettent une installation durable. LJ


Découverte d'une nouvelle population de Stenobothrus stigmaticus (Rambur, 1838)
La présence du Sténobothre nain n'a été mise en évidence que très récemment en Suisse, dans quelques stations du canton du Jura (Wermeille 1995). Une nouvelle population a été découverte au cours de l'été 2003, à Brot-Plamboz NE, dans la Vallée des Ponts-de-Martel (E. Wermeille, LR). L'espèce y colonise un bas-marais résultant de l'exploitation des tourbières. Cet élément euro-sibérien compte ainsi aujourd'hui 3 populations isolées dans notre pays, puisqu'une des populations initialement découvertes semble éteinte. LJ


Carcharodus lavatherae (Esper, 1783) [Lepidoptera Hesperiidae] redécouverte au tessin
L'Hespérie de l'Epiaire vient d'être redécouverte dans le sud du Tessin, plus de 30 ans après les dernières observations sur le versant sud des Alpes. Des individus ont été capturés en 2003, le 23.5 à Meride 570 m, le 20.6 à Muggio 1000 m et le 21.6 à Cabbio 1200 m (N. Patocchi). Cette espèce liée aux garides apprécie les terrains au sol maigre parsemés de rocailles. Elle a disparu de la majeure partie des régions de Suisse, à l'exception du Valais entre Fiesch et Martigny. Elle n'a plus été retrouvée au pied de la chaîne jurassienne depuis 1952, sur le Plateau depuis 1934 et au Nord des Alpes depuis 1909. LJ


Agrilus viridicaerulans Marseul, 1868 [Coleoptera Buprestidae]
Cet agrile n'était connu en Suisse que de deux mentions antérieures à 1970, en Valais central et en Basse Engadine. Une petite population a été découverte le 13.7.2003 dans le Vallon de l'Allondon à Russin GE sur des massifs de ronce, sa plante hôte (C.

 
Dicerca berolinensis (Herbst, 1779) [Coleoptera Buprestidae] 
La découverte du Dicerque berlinois le 24.5.2003 à Arlesheim BL (S. Barbalat) constitue la première mention de l'espèce pour la zone biogéographique du Jura. Ce bupreste n'était auparavant connu que de rares stations du Plateau, du Valais, Chablais vaudois et Tessin (Pochon, 1964) et n'avait plus été observé en Suisse depuis 1914! Il effectue avant tout son cycle sur le Charme (Carpinus betulus), mais aussi sur les vieux Hêtres (Fagus sylvatica) (Brechtel & Kostenbader 2002). LJ


Phaenops formaneki Jakobson, 1912 [Coleoptera Buprestidae] 
La découverte du Phénops de Formanek dans le Vallon de l'Allondon à Russin GE le 20.6.2003 représente la première donnée de l'espèce pour le Plateau suisse (C. Monnerat, LR). Ce bupreste à répartition eurasiatique est strictement lié aux différentes espèces de pins (Brechtel & Kostenbader 2002). Ce taxon était anciennement connu du Valais central et d'Engadine, mais les dernières observations datent d'une quarantaine d'années. LJ 

 

Leucorrhinia albifrons (Burmeister, 1839) [Odonata] observée à Genève

La Leucorrhine à front blanc est une espèce au bord de l'extinction en Suisse, puisqu'une seule population est encore connue aujourd'hui, au Bois de Finges VS. Un mâle a récemment été observé au Moulin-de-Vert à Cartigny GE (Carron 2002). Un immature a de plus été observé dans le Vallon de l'Allondon à Russin GE le 18.5.2003 (C. Monnerat). Cette observation laisse supposer qu'il existe bel et bien une population de cette très rare espèce dans les environs, sur territoire genevois ou en France voisine. LJ


Pezotettix giorniae (Rossi, 1794), première mention pour le Palteau suisse
Une petite population de Criquet pansu a été découverte à Mies VD le 20 août 2002 (E. Wermeille, LR). Cette observation, réalisée sur un talus de voie ferrée, constitue la première mention de l'espèce pour le Plateau suisse. De distribution atlanto-méditerranéenne, elle n'atteint notre pays que dans le sud du Tessin. Quelques anciennes mentions valaisannes n'ont pas pu être confirmées récemment. Les populations les plus proches se situent à notre connaissance dans le nord du département français de la Drôme, à plus de 150 km. LJ


Agrilus derasofasciatus Lacordaire, 1835 [Coleoptera Buprestidae]
L'Agrile de la Vigne a été capturé le 19.7.2002 au Mont d'Ottan à Martigny VS, dans la dernière station de Vigne sauvage de Suisse (J. Gremaud, T. Heger, E. Rey). En 2004, il a également été retrouvé dans une vigne à Brig-Glis VS le 15.6 et dans une zone alluviale à Semione TI le 9.8 (C. Monnerat). Ce petit bupreste était autrefois bien connu des vignobles de la Vallée du Rhône (Pochon 1964), où il s'attaquait aux rameaux dépérissant des plants de vigne cultivée. Il n'avait plus été capturé dans notre pays depuis 1964. Des recherches ciblées devraient permettre de clarifier son statut dans les différentes régions viticoles. Inoffensif sous nos latitudes, il peut causer des dégâts dans les vignobles du sud de l'Europe (Schaefer, 1949). LJ



Anthaxia manca (Linné, 1767) [Coleoptera Buprestidae] 
Des adultes d'Anthaxie mutilée ont été observés dans le Vallon de l'Allondon à Russin GE, les 16 et 17.5.2002, en lisière de forêt sur les feuilles de sa plante hôte (C. Monnerat, LR). Ce bupreste n'avait plus été signalé dans notre pays depuis 30 ans. Il se développe sur les ormes affaiblis bien exposés. Les anciennes mentions concernent la plupart des régions basses de Suisse (Pochon 1964). LJ


Auftauchen von Cacyreus marschalli (Butler, 1898) [Lepidoptera Lycaenidae] in der Schweiz 
Der Pelargonien-Bläuling, mit Ursprung in Südafrika, wurde in Europa erstmals im Jahr 1990 auf Mallorca entdeckt (Eitschberger & Stamer). Er ist höchstwahrscheinlich im Wurzelwerk von Ziergeranien eingeschleppt worden. Seine rasante Zunahme auf dem ganzen Kontinent führte dazu, dass er im Jahre 2002 auch unser Land erreichte. Eine erste Beobachtung gelang erstmals im August 2002 auf der Piazza Grande in Locarno TI (A.Arcidiacono). Ein stark verwittertes Individuum wurde zudem am 05.07.2003 in der Stadt Locarno beobachtet und später am 23 und 24.07.2003 zusätzlich mehrere frisch geschlüpfte Individuen (Aistleitner 2003). Seither sind mehrere Individuen, auch Larven, in Rovio TI zwischen dem 02.08.2004 und dem 17.10.2004 beobachtet worden (M.Pollini).


Ephemera lineata Eaton, 1870 découverte dans le lac de Thoune 
Des larves d'Elineata ont été découvertes pour la première fois en Suisse, dans le lac de Thoune les 11.6 et 13.8.2002 (P. Stucki). Autrefois connu en divers endroits du Plateau suisse, cet éphémère n'avait plus été observé depuis 1928, à l'exception de 2 mentions récentes, sur la rive sud du lac de Neuchâtel et à proximité du lac de Lugano. E. lineata est un habitant des grandes rivières et des lacs, mais son écologie reste très mal connue. Dans le lac de Thoune, les larves ont été collectées sur des fonds sableux. En Suisse, comme dans les pays voisins, cette espèce est très rare et menacée de disparition. LJ 

 

Nouvelle espèce pour la Suisse: Coenagrion scitulum (Rambur, 1842) [Odonata Coenagrionidae) 
Un tandem d'Agrion mignon a été observé le 24.5.2001 sur le Vieux Rhin à Diepoldsau SG, à la frontière Autrichienne (B. Schmidt). Un mâle de ce petit agrion a également été capturé à Porrentruy JU le 14.8.2002 (C. Monnerat). Cette espèce holo-méditerranéenne est en nette progression dans la Région Rhône-Alpes F (GRPLS 2004), tout comme en Belgique (Goffart & Schaetzen 2001). Les populations les plus proches du territoire helvétique sont situées dans l'Ain et en Franche-Comté F (GRPLS 2004, Prot 2001). LJ 
 

Nouvelles observations tessinoises de Locusta migratoria (Fabricius, 1781) 
Autrefois répandu dans la majeure partie des zones alluviales des grandes rivières de Suisse, le Criquet migrateur est aujourd'hui proche de l'extinction, du fait des corrections des cours d'eau (Thorens & Nadig 1997). Quelques nouvelles observations ont récemment été réalisées dans le sud du Tessin: en 2001 dans une carrière à Arzo (K. Eigenheer); en 2004 au Monte San Giorgio à Meride (T. Hertach), dans des cultures à Novazzano et Mendrisio (C. Roesti, LR), de même qu'à Stabio (C. Roesti). Par ailleurs, une femelle de la phase grégaire migratrice a été découverte le 21.7.2003 dans un jardin à Affoltern am Albis ZH (H. Cigler). LJ

 
 
Nouvelles observations d'Oedaleus decorus (Germar, 1826) [Orthoptera]
Autrefois bien répandue dans les milieux xérothermophiles du Valais, l'Oedipode soufrée a très fortement régressé. La dernière population est actuellement restreinte au Val d'Hérens. Quelques observations récentes d'individus isolés témoignent des capacités de dispersion de l'espèce: un mâle le 15.9.2001 à Visperterminen VS dans une pelouse steppique (P. Werner), un mâle le 8.8.2003 à Toerbel VS à près de 1700 m (A. Sierro, LR) et un ind. le 28.8.2003 dans une pelouse steppique à Gampel VS (R. Imstepf). La provenance de ces individus reste inconnue. LJ
 

Phaneroptera nana Fieber, 1853
Le chant du Phanéroptère commun a été décelé le 25 août 2001 près d'un parking de Cartigny GE grâce à un détecteur à ultrasons (C. Rösti). L'espèce était toujours présente sur le site en 2004 (G. Carron). L'été caniculaire de 2003 a par ailleurs permis à cette sauterelle de gagner l'agglomération bâloise où de nombreux individus ont été localisés en septembre et octobre dans des jardins en pleine ville (Coray 2003). Une importante population a encore été localisée en septembre 2004, dans une pépinière à Jussy GE (L. Juillerat). Ces observations ont toutes en commun d'avoir été réalisées dans des milieux à végétation arbustive artificialisée. LJ
 

Aiolopus strepens (Latreille, 1804) retrouvée sur le Plateau
Après plus d'un siècle d'absence, une femelle d'Oedipode automnale a été observée à Russin GE, dans le vallon de l'Allondon, le 12.10.2001 (E. Wermeille). Un individu de cette espèce a également été localisé dans une clairière forestière, au Moulin de Vert à Cartigny GE, en août 2004 (G. Carron). Ces observations d'individus isolés laissent espérer une reconquête du territoire genevois depuis les stations de France voisine. Aiolopus strepens n'est pas rare dans le sud du Tessin. LJ


Brenthis daphne (Denis & Schiffermüller, 1775) [Lepidoptera Nymphalidae] au Tessin
Le Nacré de la Ronce a été recensé le 7.6.2001 dans deux stations à Meride TI (C. Monnerat). Ces données confirment définitivement la présence de l'espèce au Tessin, d'où elle avait déjà été signalée en 4 stations entre 1979 et 1983, sans toutefois avoir été collectée ni photographiée. Ce nacré à tendance méridionale étend rapidement son aire de distribution vers le nord (Lafranchis 2000). En Suisse, il s'est largement répandu le long de la chaîne jurassienne durant les deux dernières décennies. Il s'observe avant tout autour des ronciers sur lesquels il butine et pond ses oeufs. LJ


Corymbia erythroptera (Hagenbach, 1822) [Coleoptera Cerambycidae]
Le Lepture à élytres rouges a récemment été découvert le 29.6.2001 dans une lisière herbacée à Tschlin, en Basse-Engadine (R. Graf) et le 21.6.2002 dans la Vallée du Rhin à Tamins (A. Branger, LR). Cette espèce a également été capturée à Hohtenn VS le 8.7.2001 (M. Gilgen). Notons que ce très rare lepture n'avait plus été observé en Suisse depuis 1958. Sa distribution européenne est très fragmentée (Du Chatenet 2000). LJ


Nouvelles stations de Baetis nubecularis Eaton, 1898 dans l'Arc jurassien:
B. nubecularis, l'unique espèce d'éphéméroptères strictement endémique de l'Arc jurassien, n'était connue récemment que de 5 stations du Jura suisse et d'une seule du côté français. Elle vient d'être découverte dans 6 sources: celles du Fleurier à Fleurier NE en 2001, des Blanches Fontaines à Undervelier JU, de la Foule à Moutier BE et de la Serrière à Neuchâtel NE en 2002, de la Lionne à L'Abbaye VD et de la Venoge à l'Isle VD en 2003 (P. Stucki). Les larves de cet éphémère ont été découvertes dans les premiers mètres des cours d'eau, là où la température est froide et constante tout au long de l'année. LJ


Choroterpes picteti Eaton, 1871 redécouverte pour la Suisse
C. picteti, autrefois lié aux cours d'eau lents de plaine, était jusqu'à présent considéré comme menacé de disparition en Suisse (Sartori & Landolt 1999), la dernière capture datant de 1971. Des larves ont été capturées en plusieurs stations du le lac de Walenstadt à Quarten SG en 2000 et 2001 (H. Vicentini; V. Lubini, LR) et dans les lacs de Thoune BE et de Brienz BE en 2002 (P. Stucki). L'espèce colonise là des plages de sables et de graviers bien oxygénés. En 2003, elle a été retrouvée dans le lac de Lugano à Gandria TI (V. Lubini, LR), où les larves se développent dans une source sous-lacustre présentant des sédiments propres et une bonne oxygénation. Elle a toutefois disparu du lac Léman après 1955, du fait de l'eutrophisation. LJ
 

Redécouverte de la faune abyssale des grands lacs de Suisse: Pisidium conventus Clessin, 1877 
Des campagnes prospectives effectuées jusqu'à des profondeurs de plus de 200 m ont permis de retrouver une faune abyssale qui n'avait plus été observée dans les grands lacs de Suisse depuis plus de 50 ans. P. conventus vient ainsi d'être redécouvert dans le Léman, les lacs de Brienz, de Neuchâtel (P. Stucki, B. Zaugg, B. Lods-Crozet, LR), de Walenstadt, et des Quatre-cantons (V. Lubini, H. Vicentini, LR). Cette espèce sténotherme des eaux froides des grands lacs est une relique des climats postglaciaires froids. Alors qu'elle colonisait à cette époque la zone littorale, elle a aujourd'hui trouvé refuge dans les eaux les plus profondes. Elle a toutefois durement subi l'eutrophisation des lacs et s'est considérablement raréfiée, disparaissant des lacs de Joux, Majeur, de Zurich et Greifensee. LJ


Pisidium lilljeborgii Clessin, 1886: découverte et redécouverte dans les grands lacs préalpins 
Les récentes prospections ont permis de découvrir P. lilljeborgii dans les lacs de Brienz (P. Stucki, B. Zaugg LR), des Quatre-Cantons et de Walenstadt (V. Lubini, H. Vicentini, LR). Il a également été retrouvé dans le lac de Thoune, 50 ans après la dernière observation (P. Stucki, B. Zaugg, LR). Il n'a par contre pas été retrouvé dans la chaîne jurassienne, dans les lacs de Joux et des Taillères NE. En Europe centrale, cette pisidie colonise exclusivement la zone littorale battue par les vagues des lacs oligo-mésotrophes. LJ 

Nouvelle espèce pour la Suisse:  Brachypteroma ottomanum  Heyden, 1863 [Coleoptera Cerambycidae] 
Découvert pour la première fois dans notre pays en 1999 (Germann 2000), le Brachyptérome des Ottomans a récemment fait l'objet de nouvelles observations: le 11.5.2003 à Rovio TI (M. Abderalden, LR), le 27.4.2004 à Vico Morcote TI (C. Monnerat) et le 20.5.2004 à Meride (C. Pradella, LR). La répartition de ce très petit longicorne ponto-méditerranéen reste toutefois très limitée en Suisse, puisque toutes ses stations sont situées dans le Sottoceneri. Son écologie est encore mal connue, mais le Lierre (Hedera helix ) fait partie de ses plantes hôtes (Bense 1995). LJ